Sophia : l'ETSI et l'ERCIM mettent le coeur dans l'ordinateur

French press article on the ERCIM-ETSI Seminar by Jean-Pierre Largillet of SophiaNet, le 30 mars 2009


Les deux organismes phares de la technopole organisent jeudi et vendredi avec la Communauté Européenne un séminaire sur ""Bio-ICT : The Heart in the Computer". Histoire de montrer qu'en mettant en synergie recherche et innovation, l'Europe peut faire des miracles...

Deux avancées sont à souligner dans le prochain séminaire qu'organisent l'ETSI (European Telecommunications Standards Institute) et l'ERCIM (Consortium Européen de Recherche en Informatique et Mathématiques), deux organismes phares de Sophia Antipolis, les 2 et 3 avril dans les locaux de l'ETSI. La première tient dans le thème même du séminaire : "Bio-ICT : The Heart in the Computer" qui montre ce que l'informatique peut apporter au domaine de la santé.

Vers le patient virtuel

A partir des travaux de l'équipe de Nicholas Ayache à l'Inria Sophia, le cœur notamment a été mis dans l'ordinateur. Pendant ces deux journées, qui réuniront à la fois des chercheurs, des scientifiques, des industriels, des décisionnaires de la Communauté Européenne et des acteurs majeurs de ce domaine à la croisée de l'informatique et de la santé, le concept de patient virtuel sera développé. Et dans la foulée tout ce que l'élaboration d'un modèle virtuel humain peut apporter à l'industrie.

Sur ce thème du "cœur dans l'ordinateur", un focus sera d'ailleurs fait sur la modélisation et la simulation des organes ainsi que sur la "normalisation" du modèle virtuel humain. A ce propos, les deux organismes insistent sur le rôle de la normalisation. Ils donnent corps aussi à leur message : pour accélérer l'innovation européenne, il est important que s'unissent la recherche en technologies de l'information et de la communication (ce que représente l'ERCIM) et la normalisation (la spécialité de l'ETSI, qui a donné avec le GSM un leadership à l'Europe en matière de téléphonie mobile).

L'accord entre les deux grands partenaires n'est pas resté lettre morte

La deuxième avancée tient dans une concrétisation de la coopération entre l'ETSI et l'ERCIM entamée fin 2007. Elle avait été engagée "pour exploiter les synergies entre la recherche et la normalisation dans la chaîne de l'innovation, accélérer les cycles d'innovation de la R&D et réduire les délais de mise sur le marché". Un protocole d'accord avait été signé et un séminaire inaugural organisé sur le thème de l'"Ambient Computing". L'idée de base ? En recoupant recherche, tests, standardisation et exploitation, il est possible d'accélérer la chaîne de l'innovation et de créer ainsi une position phare pour le secteur des technologies de l'information et de la communication en Europe. Les deux organismes se trouvant à quelques centaines de mètres l'un de l'autre, la coopération n'en était que plus facile.

Le séminaire de cette semaine s'inscrit dans l'opération initiale, baptisée "The Infinity Initiative ("l'initiative infinie"), qui avait alors été montée par les deux partenaires. Elle vise à l'organisation d'un certain nombre d'événements conjoints dont des ateliers avancés et des séminaires. L'accord n'est pas resté lettre morte. Les deux organismes ont continué à travailler ensemble et ils ont gardé l'Europe comme partenaire emblématique. Le rendez-vous de jeudi et vendredi est organisé en effet en coopération avec la Commission européenne et soutenu par le réseau d'excellence européen Virtual Physiological Human (VPH NoE).

Nicholas Ayache, à la confluence entre santé et NTIC

Les débats seront animés entre autres par Nicholas Ayache. Ce chercheur dirige actuellement l'une des plus importantes équipes françaises dans le domaine de l'analyse et de la simulation des images biologiques et médicales, basée à Sophia Antipolis. C'est un des meilleurs spécialistes mondiaux en imagerie et robotique médicales, à la confluence des problèmes de santé et des technologies de l'information et de la communication, avec tous les enjeux technologiques, scientifiques et sociétaux qui s'y attachent.

Il a introduit ces disciplines à l'INRIA en 1989 en créant les projets Epidaure puis Asclépios qui sont devenus des laboratoires phares au niveau mondial. Il a aussi contribué à structurer cette jeune discipline en France et à l'étranger. Un public plus large pourra d'ailleurs retrouver Nicholas Ayache présenter son concept de patient numérique, le lundi 6 avril à 18h30 à la Fondation Sophia Antipolis à l'occasion d'une conférence de "La Science à Sophia".

+d'infos

Programme du séminaire et biographies des orateurs disponibles sur http://www.etsi.org/BIOICT